Comment passe-t-on de la garde à vue à la mise en examen ?

Sommaire

Après une garde à vue, plusieurs issues sont possibles. La libération sans suite, une convocation ultérieure, un défèrement devant le procureur, ou une présentation au juge d’instruction pour une éventuelle mise en examen. La mise en examen n’intervient que si une information judiciaire est ouverte.

En tant qu’avocat pénaliste intervenant à Paris et à Marseille, j’accompagne mes clients dès la garde à vue et tout au long de la procédure. Ce passage est souvent le moment le plus angoissant. Comprendre les étapes permet de mieux l’affronter.

Pour une vision d’ensemble, retrouvez notre analyse détaillée de la définition et du déroulement de la mise en examen.

Que se passe-t-il à la fin de la garde à vue ?

  • La mise en examen n’est pas automatique après une garde à vue : le procureur dispose de plusieurs orientations.
  • Seule l’ouverture d’une information judiciaire par le procureur rend possible la mise en examen.
  • La retenue au titre du défèrement ne peut excéder 20 heures après la fin de la garde à vue.
  • Il n’existe aucun délai légal maximum entre la garde à vue et une convocation ultérieure chez le juge.

Que se passe-t-il à la fin de la garde à vue ?

Bureau d'Armand Feste-Guidon, avocat pénaliste. Table en verre et métal, bibliothèque, fauteuil jaune en velours, bibliothèque en bois blanche.

À l’issue de la garde à vue, le procureur de la République décide de la suite. Plusieurs orientations sont possibles. La mise en examen n’est qu’une des issues envisageables.

Les différentes issues possibles

IssueFréquenceSuite de la procédure
Libération sans suiteMoins fréquenteClassement ou enquête qui continue
Convocation ultérieureTrès fréquenteTribunal ou juge d’instruction
Défèrement devant procureurFréquentOrientation vers mise en examen ou CRPC
Comparution immédiateFréquenteJugement rapide
Présentation au juge d’instructionMoins fréquenteMise en examen possible

La décision appartient au procureur

Le procureur évalue les éléments du dossier. La gravité des faits, la complexité de l’affaire et le casier judiciaire orientent son choix. Seul le procureur peut requérir l’ouverture d’une information judiciaire.

Pour tout savoir sur la procédure de garde à vue, consultez notre guide complet sur la garde à vue.

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Quand y a-t-il ouverture d’une information judiciaire ?

Pour les crimes, l’information judiciaire est obligatoire (art. 79 CPP). Pour les délits complexes, elle est fréquente. Le procureur délivre un réquisitoire introductif (art. 80 CPP) pour saisir un juge d’instruction. C’est cette ouverture qui rend possible la mise en examen.

Quelle que soit la voie d’entrée, il est possible de contester la régularité de la procédure. Notre article détaille la nullité et la contestation d’une mise en examen.

À retenir : La mise en examen n’est pas automatique après une garde à vue. Le procureur dispose de plusieurs options. Seule l’ouverture d’une information judiciaire conduit à une possible mise en examen.

Qu’est-ce que le défèrement après une garde à vue ?

Le défèrement est le chaînon entre la garde à vue et la suite de la procédure. C’est un moment charnière souvent méconnu.

Définition du défèrement

Le défèrement est la présentation, postérieure à la garde à vue, de la personne devant le procureur de la République (art. 393 CPP). C’est à ce moment qu’il détermine l’orientation de la procédure : poursuites devant le tribunal, ouverture d’une information, poursuite de l’enquête, ou toute autre décision sur l’action publique.

Ce qui se passe pendant le défèrement

Les faits reprochés sont d’abord notifiés à la personne concernée. Elle est ensuite informée de l’ensemble de ses droits, notamment de son droit à l’assistance d’un avocat.

Un entretien se tient alors avec le procureur, à l’issue duquel une décision d’orientation est prise : comparution immédiate, ouverture d’une information judiciaire, ou autre mesure adaptée à la situation.

Les délais de retenue pour défèrement

La retenue pour présentation ne peut excéder vingt heures après la fin de la garde à vue (art. 803-3 CPP). Les conditions de retenue doivent respecter la dignité de la personne.

En pratique : Le défèrement est un moment charnière. Dans ma pratique à Paris et Marseille, j’assiste mes clients jusqu’à cette étape pour préparer au mieux la suite.

Comment se déroule la présentation au juge d’instruction ?

Si le procureur ouvre une information judiciaire, la personne est présentée au juge d’instruction pour être entendue. C’est à l’issue de son interrogatoire que la mise en examen intervient.

L’arrivée au cabinet du juge d’instruction

La personne est conduite dans le cabinet du juge depuis les geôles du tribunal. Le juge procède ensuite à l’interrogatoire de première comparution. L’accord du mis en cause pour être interrogé ne peut être donné qu’en présence d’un avocat.

La présence de l’avocat est obligatoire. Il peut consulter le dossier sur-le-champ et surtout s’entretenir avec son client avant l’interrogatoire. C’est pendant ce temps limité qu’il va falloir faire les bons choix stratégiques.

L’interrogatoire de première comparution (IPC)

Le juge notifie les faits reprochés et les droits de la personne (art. 116 CPP) et notamment le droit au silence. La personne a ensuite la possibilité de faire une déclaration, de garder le silence, ou de répondre aux question.

Le choix face au juge d’instruction est crucial et stratégique pour le reste de la procédure. Ecoutez attentivement ce que vous conseille votre avocat.

Enfin, le juge d’instruction vous accorde un des statuts suivants : mis en examen ou témoin assisté. Vous pouvez être mis en examen pour certains faits et témoin assisté pour d’autres.

Si la mise en examen est décidée, un contrôle judiciaire peut ordonné par le juge d’instruction. Il peut également décider de saisir un juge des libertés et la détention pour que vous soyez placé en détention provisoire.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’interrogatoire de première comparution.

La décision sur les mesures de sûreté

Après l’interrogatoire de première comparution, le juge d’instruction peut décider lui-même d’un placement sous contrôle judiciaire (art. 138 CPP).

S’il préfère opter pour un placement en détention provisoire, il doit saisir le Juge des libertés et de la détention (art. 145 CPP).

Dans ce cas, un débat contradictoire a lieu. À l’issue, le juge de libertés et de la détention rend son ordonnance. Soit le juge estime que la détention provisoire est justifiée et nécessaire, soit il décide d’un contrôle judiciaire, ou d’une ARSE.

Consultez notre article dédié aux mesures de sûreté après mise en examen.

Une question sur votre mise en examen ? Contactez le cabinet

Quel est le délai entre la garde à vue et la mise en examen ?

Le délai dépend de la situation de la personne. Si elle est libre, il n’existe pas de maximum légal entre la fin de la garde à vue et la mise en examen . Tant que l’infraction n’est pas prescrite, la mise en examen est possible.

Si la personne est déférée, donc sous contrainte, la loi impose un défèrement dans la journée.

En cas de défèrement immédiat

À l’issue de la garde à vue, le défèrement intervient dans un délai bref, le plus souvent dans les heures qui suivent. La présentation devant le juge d’instruction a, en principe, lieu le jour même (art. 803-2 CPP). Toutefois, à titre exceptionnel, elle peut être reportée au lendemain. Dans ce cas, la personne est retenue.

Cette situation reste encadrée : la présentation doit impérativement intervenir dans un délai maximal de vingt heures à compter de la levée de la garde à vue (art. 803-3 CPP). À défaut, la remise en liberté s’impose immédiatement.

En cas de convocation ultérieure

La personne est libérée en fin de garde à vue. Le juge d’instruction convoque ultérieurement. Le délai varie de quelques semaines à plusieurs mois. L’engorgement des juridictions explique souvent cette attente mais elle peut aussi tenir aux investigations en cours.

Pas de délai légal maximum pour la convocation

La seule limite est la prescription de l’action publique. En pratique, l’attente dure généralement quelques mois. Cette période d’incertitude est souvent difficile à vivre pour mes clients.

Bon à savoir La mise en examen peut intervenir des mois après la garde à vue. Pendant cette période, vous pouvez toujours être sous investigation. Profitez de cette période pour préparer votre défense avec votre avocat.

Quel est le rôle de l’avocat entre la garde à vue et la mise en examen ?

L’avocat joue un rôle décisif dans cette période de transition. Sa présence continue est un atout majeur.

Continuité de l’assistance

Idéalement, le même avocat vous assiste pendant la garde à vue et lors du défèrement. Il connaît déjà le dossier. Il prépare le défèrement et anticipe les mesures de sûreté.

Préparation du dossier de garanties

Fort de plus de 10 ans d’expérience, je prépare le dossier avec vos garanties de représentation dès la garde à vue. Attestations d’emploi, justificatif de domicile, attestations familiales : ces documents sont essentiels pour éviter la détention provisoire.

Présence aux côtés du client

L’avocat est présent pendant le défèrement si possible. Puis, sa présence est obligatoire pendant l’IPC. Il peut alors vous conseiller le meilleur choix stratégique pour la suite de la procédure. Il assiste également au débat devant le JLD.

Il est critique de vous faire assister lors d’un interrogatoire de première comparution, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un avocat.  

Attention : votre avocat va pouvoir vous conseiller sur le choix stratégique à faire devant le juge d’instruction. Et il va pouvoir rassembler les pièces pour limiter le risque de détention provisoire.

Questions fréquentes sur le passage de la garde à vue à la mise en examen

Peut-on être mis en examen sans avoir été en garde à vue ?

Oui. La garde à vue préalable n’est pas obligatoire. Le juge d’instruction peut convoquer directement une personne pour un interrogatoire de première comparution.

Si je suis libéré après la garde à vue, suis-je tiré d’affaire ?

Non. La libération ne signifie pas la fin des poursuites. L’enquête peut continuer et vous pouvez être sous investigation. Surtout, une convocation ultérieure devant un juge est tout à fait possible.

Le procureur peut-il décider seul de me mettre en examen ?

Non. Seul le juge d’instruction peut mettre en examen. Le procureur demande l’ouverture d’une information judiciaire mais c’est le juge qui décide du statut.

Peut-on changer d’avocat entre la garde à vue et la mise en examen ?

Oui, le libre choix de l’avocat s’applique à tout moment. Mais la continuité peut être préférable. L’avocat qui vous a assisté en garde à vue connaît votre dossier.

Combien de temps peut-on rester en attente après une garde à vue ?

Jusqu’à la prescription de l’action publique. En pratique, la convocation intervient généralement dans les semaines ou les mois suivants.

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Pourquoi se faire assister par un avocat dès la garde à vue et pas seulement à la mise en examen ?

En conclusion, la garde à vue ne conduit pas automatiquement à une mise en examen. Libération sans suite, convocation ultérieure, défèrement : le procureur dispose de plusieurs orientations.

Mais quand l’information judiciaire est ouverte, tout s’enchaîne vite — défèrement dans les vingt heures, présentation au juge, interrogatoire de première comparution. C’est précisément dans cette fenêtre que la défense se construit.

Le dossier de garanties préparé dès la garde à vue, la connaissance des déclarations déjà faites, l’anticipation des mesures de sûreté : tout cela suppose une continuité d’assistance dès les premières heures. Depuis mes bureaux de Paris et Marseille, j’interviens sur l’ensemble du territoire à chaque étape, de la garde à vue à l’instruction.

Vous craignez une mise en examen ? Contactez le cabinet

Cet article a été rédigé par le cabinet Feste-Guidon Avocat, avocats pénalistes à Paris et Marseille. Il a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à prendre contact avec le cabinet pour un échange adapté à votre dossier.

Les exemples cités s’inspirent de situations réelles rencontrées par le cabinet. Tous les éléments permettant l’identification ont été modifiés ou supprimés.

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